BPI France Bourse de la transmission

Reprendre un magasin de chaussures permet de s’appuyer sur un emplacement, une clientèle, des marques référencées, une organisation commerciale et une activité déjà établis. Mais ce type de reprise présente une particularité importante : une partie significative de la rentabilité et de la trésorerie dépend directement de la qualité et de la rotation du stock.

Collections saisonnières, pointures, coloris, invendus, démarques et conditions fournisseurs doivent donc être analysés avec autant d’attention que le chiffre d’affaires ou le prix demandé par le vendeur.

Quels ratios examiner ? Comment évaluer le fonds de commerce ? Quels sont les principaux points de vigilance avant d’acheter un magasin de chaussures ?

Qu’est-ce qu’un commerce de détail de chaussures ?

Le commerce de détail de chaussures couvre la vente de chaussures destinées aux particuliers : chaussures pour femmes, hommes ou enfants, chaussures de ville, sneakers, chaussures de confort ou autres gammes spécialisées.

L’activité peut être exercée sous différentes formes : boutique indépendante, magasin multimarque, franchise, affiliation à une enseigne, commerce spécialisé ou activité associant magasin physique et vente en ligne.

Elle peut également être complétée par la vente d’accessoires, de produits d’entretien, de semelles, de lacets ou, selon le positionnement du commerce, de certains articles de maroquinerie.

Quel code APE pour un magasin de chaussures ?

En 2026, le code APE de référence reste :

47.72A – Commerce de détail de la chaussure.

La Nomenclature d’activités française évoluera cependant au 1er janvier 2027.

À compter de cette date, le nouveau code correspondant sera :

47.72G – Commerce de détail de chaussures.

La nouvelle NAF 2025 introduit également une évolution importante : le commerce de détail sera principalement classé selon la nature des biens commercialisés, et non selon qu’ils sont vendus en magasin ou sur internet.

Un commerçant exploitant simultanément une boutique et un site marchand ne sera donc plus distingué principalement en fonction de son canal de distribution.

Le code APE reste dans tous les cas un outil de classification statistique et ne détermine pas, à lui seul, les droits ou obligations de l’entreprise.

Un marché où le comportement des consommateurs évolue

Le marché de la chaussure reste important mais connaît des évolutions structurelles : arbitrages de consommation, progression des achats en ligne, importance croissante des promotions, développement de la seconde main et évolution rapide des tendances.

Selon la Fédération Française de la Chaussure, la saison printemps-été 2025 a progressé de 0,9 % en valeur, malgré une baisse de 1,8 % du nombre d’achats par rapport à la saison précédente.

La saison automne-hiver 2025/2026 a ensuite enregistré un repli du marché, plus marqué en nombre de paires qu’en valeur.

La seconde main représentait par ailleurs en 2025 plus de 5 % des actes d’achat de chaussures en France.

Pour un repreneur, ces évolutions renforcent l’importance du positionnement du magasin, de la connaissance de sa clientèle, de la sélection des marques et surtout de la maîtrise des achats et des stocks.

Quels chiffres analyser avant de Reprendre un magasin de chaussures ?

L’analyse des derniers exercices comptables permet de comparer la performance du fonds de commerce à reprendre aux principaux ratios observés dans l’activité.

Les médianes suivantes constituent des références nationales indicatives.

IndicateurMédiane nationale
Marge brute / CA HT47 %
Charges de personnel / CA HT18 %
Charges externes / CA HT21 %
EBE / CA HT7,10 %
Capacité d’autofinancement / CA HT6,10 %

Sources : Données InfoGreffe non confidentialisées retraitées par atometrics, à partir de 2022 / Données atometrics

Ces ratios ne permettent pas à eux seuls de déterminer si un magasin constitue une bonne opportunité. Ils doivent être rapprochés de son emplacement, son positionnement, sa clientèle, ses marques, son niveau de stock et son organisation.

La marge brute : premier indicateur à comprendre

La marge brute dépend principalement des conditions d’achat, de la politique tarifaire, du mix de produits et surtout du niveau de démarque nécessaire pour écouler les collections.

Une marge apparemment satisfaisante peut se dégrader rapidement lorsque trop de produits doivent être vendus en promotion ou pendant les soldes.

Le repreneur doit notamment analyser : les coefficients appliqués, les remises fournisseurs, les taux de démarque, les promotions réalisées en cours de saison et la proportion des collections vendue au prix initial.

L’objectif n’est pas simplement de connaître le taux de marge mais de comprendre comment cette marge est obtenue.

Le stock : un enjeu déterminant de la reprise

Dans le commerce de chaussures, le stock mérite une analyse spécifique.

Un magasin doit proposer suffisamment de modèles, de coloris et surtout de pointures pour répondre à la demande. Cette profondeur de gamme immobilise cependant une quantité importante de trésorerie.

Une paire présente dans une pointure devenue difficile à vendre n’a pas nécessairement la même valeur économique qu’une paire récemment livrée correspondant à la collection en cours.

Avant la cession, un inventaire détaillé et contradictoire doit donc permettre d’identifier : la valeur comptable du stock, son ancienneté, les collections concernées, les tailles disponibles, les références à faible rotation, les fins de séries et les articles ayant déjà fait l’objet de démarques.

La valeur du stock repris doit être appréciée en fonction de sa capacité réelle à être vendu, et non uniquement en fonction de son prix d’achat historique.

Le besoin en fonds de roulement : une particularité à anticiper

La gestion des collections peut nécessiter de commander et parfois de financer les marchandises plusieurs mois avant leur vente.

Le repreneur doit donc analyser le calendrier des commandes et des règlements fournisseurs ainsi que le rythme d’encaissement des ventes. Cette saisonnalité peut générer un besoin de trésorerie important.

Une reprise correctement financée doit donc prévoir non seulement le prix du fonds mais également :

le stock + les prochaines collections + les frais d’acquisition + les investissements + une trésorerie de sécurité.

Sous-estimer ce besoin peut fragiliser une entreprise pourtant rentable.

Les charges de personnel

La masse salariale médiane observée représente environ 18 % du chiffre d’affaires HT.

Son niveau doit être analysé en fonction de la surface commerciale, des horaires d’ouverture, du nombre de vendeurs et du positionnement du magasin.

Une boutique privilégiant le conseil, l’essayage et la fidélisation peut naturellement nécessiter davantage de personnel qu’un commerce dont le modèle repose principalement sur le flux ou le libre-service.

Il faut également mesurer le rôle actuel du cédant.

Si celui-ci assure personnellement les achats, la gestion des collections, la vente et l’administration, son départ peut imposer une nouvelle organisation et modifier sensiblement les charges après la reprise.

Les charges externes

Elles représentent une médiane nationale d’environ 21 % du chiffre d’affaires HT. Le loyer est souvent l’un des postes les plus importants.

Mais il faut également examiner : les charges locatives, l’énergie, l’assurance, les dépenses de communication, les logiciels de caisse et de gestion des stocks, les commissions éventuelles liées aux paiements ou marketplaces et les coûts associés au site internet.

La valeur d’un excellent emplacement doit toujours être rapprochée du coût nécessaire pour l’exploiter.

L’EBE et la capacité d’autofinancement

La médiane observée de l’EBE se situe à 7,10 % du chiffre d’affaires HT.

Cet indicateur permet d’apprécier la performance économique de l’exploitation avant notamment les charges financières, les amortissements et l’impôt.

Pour le repreneur, il convient cependant de retraiter les comptes afin d’estimer l’EBE qui subsistera réellement après la transmission.

La capacité d’autofinancement, dont la médiane observée s’établit à 6,10 % du chiffre d’affaires HT, permet quant à elle d’évaluer la capacité de l’entreprise à générer les ressources nécessaires pour investir et rembourser ses financements.

Combien vaut un magasin de chaussures ?

Les transactions réalisées dans cette activité permettent de disposer de premiers repères.

Indicateur de valorisationMédiane observée
Prix de cession / CA HT33,85 %
Prix de cession / EBE6,03

Sources : BODACC, données InfoGreffe non confidentialisées et données Atometrics – période d’observation 2016-2026.

Ces ratios ne constituent pas une méthode d’évaluation automatique.

Un magasin présentant un excellent emplacement, une clientèle fidèle, des marques recherchées, un bail favorable et un stock sain peut justifier une valorisation supérieure à celle d’un commerce réalisant le même chiffre d’affaires mais confronté à une baisse d’activité ou à un stock vieillissant.

Pour approfondir cette analyse, nous vous recommandons la lecture du Guide d’évaluation de fonds de commerce par A. et M. Desthuilliers.

Quels facteurs influencent la valeur d’un magasin de chaussures ?

L’emplacement et les flux

La visibilité, le passage piéton, l’accessibilité, les commerces voisins, le stationnement, la zone de chalandise et le dynamisme commercial du secteur influencent directement le potentiel du point de vente.

Une analyse des flux doit toutefois être complétée par celle du taux de transformation : un emplacement très fréquenté ne crée de valeur que si le magasin parvient effectivement à convertir ce passage en ventes.

Le positionnement et la clientèle

Un commerce clairement identifié — familial, premium, confort, enfant, multimarque ou spécialisé — dispose généralement d’une proposition plus lisible qu’un magasin dont l’offre manque de cohérence.

La récurrence des achats et la fidélité de la clientèle doivent également être étudiées.

Les marques et les fournisseurs

L’accès à certaines marques peut constituer une composante importante de la valeur commerciale.

Il faut donc vérifier les conditions permettant au repreneur de poursuivre ces relations : contrats éventuels, conditions d’achat, minimums de commande, délais de paiement, exclusivités territoriales ou distribution sélective.

La relation commerciale dont bénéficiait le vendeur n’est pas nécessairement transférée automatiquement au repreneur.

Le bail commercial

Le niveau du loyer, sa révision, la durée résiduelle du bail, les charges et la destination doivent être étudiés.

La possibilité de commercialiser des accessoires, de la maroquinerie ou d’autres familles de produits envisagées après la reprise doit également être compatible avec le bail.

L’agencement et les outils de gestion

L’état des vitrines, du mobilier, de l’éclairage, du système d’encaissement, des outils de gestion et du site internet peut générer rapidement des investissements supplémentaires.

Un commerce dont l’image nécessite une rénovation complète peut être rentable aujourd’hui mais demander un effort financier important après la cession.

Quelles obligations réglementaires vérifier ?

Le commerce de détail de chaussures n’est pas une activité artisanale réglementée nécessitant une qualification professionnelle spécifique.

Le commerçant doit cependant respecter différentes obligations concernant notamment l’information et la protection du consommateur.

L’étiquetage des chaussures doit informer le consommateur sur les matériaux utilisés pour les principales parties du produit : tige, doublure et semelle de propreté, semelle extérieure.

Les prix doivent être clairement affichés.

Lorsqu’une réduction de prix est annoncée, le prix de référence correspond en principe au prix le plus bas pratiqué au cours des 30 jours précédents.

Les produits proposés pendant les soldes doivent également respecter les règles spécifiques applicables à ces opérations commerciales.

Le local doit être conforme aux obligations applicables aux établissements recevant du public, notamment en matière de sécurité et d’accessibilité.

Lorsqu’une activité de vente en ligne est exploitée, les obligations propres au commerce à distance doivent également être respectées.

Enfin, les chaussures relèvent de la filière de responsabilité élargie des producteurs textiles, linge de maison et chaussures (REP TLC). Les obligations exactes dépendent notamment du rôle de l’entreprise dans la mise sur le marché des produits, particulièrement lorsqu’elle importe directement des chaussures ou commercialise ses propres marques.

Les 8 points à vérifier avant de Reprendre un magasin de chaussures

Avant de s’engager, le repreneur doit particulièrement examiner :

  1. l’évolution des trois derniers exercices comptables ;
  2. la marge brute et le niveau des démarques ;
  3. la qualité, l’ancienneté et la valorisation du stock ;
  4. les contrats et conditions commerciales avec les marques et fournisseurs ;
  5. le bail et le niveau du loyer ;
  6. l’équipe et le rôle réellement exercé par le cédant ;
  7. les investissements nécessaires dans le magasin ou le digital ;
  8. le besoin global de financement et de trésorerie.

Comment financer la reprise d’un magasin de chaussures ?

Le besoin de financement ne se limite pas au prix du fonds de commerce.

Le repreneur doit également intégrer les frais d’acquisition, le stock, les éventuels travaux, les équipements, les prochaines commandes de collections et la trésorerie nécessaire au cycle d’exploitation.

Pour ce type d’activité, la construction du plan de trésorerie est particulièrement importante.

Le financement doit permettre à l’entreprise de disposer de ressources suffisantes pour poursuivre normalement ses achats sans être immédiatement contrainte par les remboursements liés à la reprise.

L’analyse Les Annonces du Commerce : regarder le stock autant que le chiffre d’affaires

Deux magasins affichant un chiffre d’affaires identique peuvent présenter des situations économiques très différentes.

L’un peut disposer d’un stock récent, d’une bonne rotation, de marques attractives et d’une clientèle fidèle.

L’autre peut présenter une part importante d’invendus, dépendre fortement des soldes et promotions et immobiliser une trésorerie importante dans des références difficiles à écouler.

Dans le commerce de chaussures, la qualité du chiffre d’affaires et la qualité du stock sont donc indissociables.

Le repreneur doit vérifier que le prix demandé, la valeur du stock, la rentabilité de l’entreprise et le besoin de trésorerie restent compatibles avec le financement du projet.

Nos solutions pour réussir votre projet

Avant de reprendre un Fonds de commerce magasin de chaussures, il est essentiel de valider son projet, d’analyser la faisabilité de l’opération et de préparer son financement. Les Annonces du Commerce met à votre disposition plusieurs outils et services pour vous accompagner à chaque étape de votre parcours.

  • Quiz Création / Reprise : évaluez votre niveau de préparation et identifiez les points à approfondir.
  • Étude de faisabilité : vérifiez la cohérence économique de votre projet.
  • Étude de marché : analysez l’environnement concurrentiel et les perspectives du secteur.
  • Business Plan et prévisionnel : construisez un dossier solide pour convaincre vos partenaires financiers.
  • Accompagnement personnalisé : bénéficiez des conseils de professionnels spécialisés dans la transmission d’entreprises.

La réussite d’une cession d’un magasin de chaussures repose sur une bonne préparation. Anticiper les démarches, valoriser correctement son entreprise et présenter un dossier complet permettent de rassurer les acquéreurs et de faciliter la transmission.

  • Quiz Vendeur / Cédant : mesurez votre niveau de préparation à la transmission.
  • Diagnostic Pré-Vente : identifiez les points à améliorer avant la mise en vente.
  • Publier une annonce : diffusez votre vente de magasin de chaussures auprès d’une audience qualifiée.
  • Accompagnement à la cession : bénéficiez d’un suivi pour préparer et sécuriser votre projet de vente.

Questions fréquentes pour un Reprendre un magasin de chaussures

Quel est le code APE d'un magasin de chaussures ?

En 2026, le code officiel reste 47.72A – Commerce de détail de la chaussure. À compter du 1er janvier 2027, la nouvelle NAF utilisera le code 47.72G – Commerce de détail de chaussures.

Comment évaluer le stock lors d'une reprise ?

Un inventaire détaillé doit être réalisé. La valeur doit être appréciée selon les collections, l'ancienneté, les modèles, les coloris, les pointures disponibles et la probabilité réelle d'écoulement des produits.

Le stock est-il compris dans le prix du fonds ?

Il est généralement valorisé séparément selon les conditions définies dans la cession. Les modalités doivent être précisées entre vendeur et acquéreur.

Comment évaluer le prix d'un magasin de chaussures ?

Le chiffre d'affaires et l'EBE fournissent des références mais doivent être complétés par l'étude du bail, du stock, des marques, de la clientèle, de l'emplacement, des équipements et de la rentabilité réellement transférable.

Le quizz est-il obligatoire pour consulter les annonces ?

Non. Il est facultatif. Toutefois, il est fortement recommandé pour structurer votre projet et maximiser vos chances de réussite.

Pourquoi le BFR est-il important ?

Les collections sont fréquemment commandées avant leur période de commercialisation. L'entreprise doit donc financer ses achats avant d'avoir encaissé les ventes correspondantes.

La vente en ligne est-elle indispensable ?

Elle n'est pas systématiquement nécessaire, mais la complémentarité entre magasin, réseaux sociaux, réservation, click & collect ou e-commerce peut constituer un levier de développement selon la clientèle et le positionnement de l'établissement.

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