L’élan n’est pas coupé dans le Sud : le point sur le marché de la vente de fonds de commerce

Non, la situation économique incertaine ne freine pas les ardeurs des porteurs de projet, loin de là. Elle déplace juste la demande. Puisque les cafés-hôtels-restaurants sont dans l’expectative, la demande évolue vers d’autres secteurs comme les boulangeries, les caves à vin, les fromageries ou même la téléphonie et les stations de lavage. Des domaines professionnels qui, parce qu’ils n’exigent aucune formation diplômante, permettent à tout un chacun d’accéder à un commerce. Car dans le sud de la France comme ailleurs, la reconversion professionnelle vers le commerce séduit de plus en plus. « Depuis plusieurs années déjà nous accueillons des demandeurs en cours de reconversion. Mais alors qu’il y a quelques années, il s’agissait de reconversions subies en raison de plans salariaux ou de retraites anticipées, depuis trois ou quatre ans, il s’agit de reconversions choisies », note Marc Thélène, directeur de l’agence Century 21 Mercom Transactions qui couvre les départements de l’Hérault, du Gard et de l’Aude. La pandémie de Covid-19 n’a fait qu’amplifier le phénomène, d’autant plus dans une région aux paysages et au climat particulièrement attractifs. 


Nouveaux fonds de commerce prisés : Caves, fromageries, épiceries


Si les cafés-hôtels-restaurants ont longtemps fait figure de choix numéro 1, la demande s’élargit vers tous les commerces de proximité. Notamment les caves à vin et fromageries, deux activités dans l’air du temps qui ne demandent pas de qualification professionnelle préalable. « Des commerces qui étaient boudés auparavant retrouvent de l’attrait alors qu’ils pouvaient être en vente depuis longtemps », observe Marc Thélène. Ainsi, les commerces de village comme les épiceries, les supérettes de front de mer, les boulangeries, les tabacs retrouvent leurs lettres de noblesse. 
Comme  partout en France, les commerces de tabac, qui ont cartonné pendant le confinement du printemps 2020, sont en tête des demandes. L’activité y est sûre et en développement avec la cigarette électronique et de nombreux services. Souvent seul commerce du village, le tabac fait en effet office de point banque, de relais-colis, etc. L’avenir y est donc au beau fixe. Au point de devenir de moins en moins accessibles aux petits porteurs de projet : avec des tarifs qui atteignent 3 à 3,2 fois le bénéfice d’exploitation (3,5 en front de mer), contre 2,5 à 2,8 pour la moyenne des commerces. 

Où ouvrir son commerce ? : De la demande dans les villes et les gros villages


Côté emplacement, la demande est centrée sur les villes (Montpellier, Nîmes, Narbonne et Béziers) puis sur les villages plutôt haut de gamme comme Aigues-Mortes, Uzès ou Agde et les gros villages à proximité des villes. « La démographie est en augmentation depuis plusieurs années dans notre région car les gens sont en recherche de bien-vivre. C’est une chance pour le commerce qui y fonctionne bien et attire des porteurs de projet », analyse Marc Thélène. 
Évidemment, plus le commerce est proche du centre-ville ou de la mer, plus son tarif s’en ressent. Et s’il se trouve des commerces accessibles à moins de 100 000 € dans quelques villages reculés, Marc Thélène met en garde les acquéreurs potentiels : « De tels tarifs s’expliquent souvent par une faible rentabilité due à un certain isolement. Notre but n’est pas de faire des malheureux, un commerce doit permettre de rembourser son prêt et de vivre décemment. » Attention aux mirages ruraux, donc. Il ne faut jamais perdre de vue qu’un commerce ne fonctionne qu’avec de la clientèle. 



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